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Bienvenue sur « Le français, ma langue paternelle »,
Le site personnel d'Akira Mizubayashi
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Les Affinités électives...

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Au fil des jours, en 2012

10 décembre 2012 : entretien avec Lakis Proguidis à la Société des Gens de Lettres (Hôtel de Massa)

Une soirée fort sympathique autour de L'Atelier du Roman. Lakis Proguidis, le directeur de l'Atelier, m'a invité à m'entretenir avec lui autour d'Une langue venue d'ailleurs.
Il y a eu des échanges fort intéressants sur plusieurs thèmes :
- sur la domination de l'anglais en France et au Japon
- à propos de la notion d'expérience au sens que Mori Arimassa accorde à ce mot
- Mozart et Rousseau dans Une langue venue d'ailleurs
- sur Jean Starobinski
- du rayonnement au dialogue
- réflexions sur Fukushima (mon intervention dans Le Nouvel Observateur, ma conférence à Lagrasse, mon article dans L'Atelier du Roman)
- mon prochain livre : Mélodie, chronique d'une passion

26 novembre 2012 : conférence à Suzukake-no-kai (association franco-japonaise)

La Suzukake-no-kai est le pendant parisien de l'association tokyoïte « Amies de langue française ». J'ai fait un exposé autour d'Une langue venue d'ailleurs. Merci aux organisatrices très actives !

Du 13 au 18 novembre 2012 : séjour en Suède

Le 14 novembre : colloque sur Rousseau à la Maison de l'Association des professeurs ainsi qu'à l'Université de Stockholm


Grâce à Françoise Sule de l'Université de Stockholm et à Christophe Premat de l'Ambassade de France en Suède, j'ai pu participer à ce colloque sur Rousseau à l'occasion du tricentenaire de la naissance du citoyen de Genève. Un grand merci à tous les deux.

A la Maison de l'Association des professeurs
La première session sur l'éducation, sur l'actualité de l'Émile s'est déroulée essentiellement en suédois. L'introduction de Ghislain Waterlot présentée en anglais m'a permis de comprendre de quoi il s'agissait, mais la plupart des échanges ayant eu lieu en suédois, je n'ai pas pu saisir ce qui était au cœur du débat.

Voici peut-être ce que j'aurais pu dire à propos de l'éducation :
« Les sociétés démocratiques d'aujourd'hui traversent une période de crise en matière d'économie. Mais la crise est profonde dans le domaine de l'éducation et de l'enseignement également. C'est le cas au Japon, c'est le cas en France. C'est le cas sans doute de beaucoup d'autres pays. Je pense que cette crise est liée au fait que les sociétés d'aujourd'hui sont placées devant une double exigence contradictoire.
La première exigence, c'est celle, classique, de libérer les enfants, les esprits des puissances tutélaires, de la tyrannie des diverses forces sociales. L'enseignement a toujours pour mission de faire des individus des sujets autonomes, des sujets pensants autonomes. Rousseau, précisément, est à l'origine de cette exigence moderne. L'école républicaine en France est héritière de cet esprit. Toutes les écoles, par définition, portent en elles cette exigence. Autrefois, les puissances tutélaires étaient de nature religieuse. Aujourd'hui, elles ont un autre visage. Ce qui est grave, c'est que ce visage, souriant et presque invisible, n'est nullement perçue comme une puissance tyrannique.

La deuxième exigence, c'est une exigence plus récente qui occupe une place de plus en plus importante, de plus en plus envahissante, surtout depuis une trentaine d'années. C'est celle d'adapter les esprits à la société, surtout à la dimension économique de la société, au marché en un mot pour aller vite. On nous persuade que l'école doit être capable de former des individus performants sur le marché du travail.
En résumé, on peut dire que la première exigence de l'éducation et de l'enseignement consiste à éduquer les enfants contre la société, tandis que la deuxième vise à les éduquer pour et en faveur de la société. Nous sommes pris dans une contradiction absolue. D'où les difficultés que nous connaissons aujourd'hui. »

À la Bibliothèque de l'Université de Stockholm
Les deux tables rondes suivantes ont eu lieu à la grande Bibliothèque de l'université de Stockholm. J'ai pour ma part présenté deux communications, l'une portant sur l'actualité du Contrat social au Japon (« Rousseau dans le paysage dévasté de Fukushima : l'actualité japonaise du Contrat social »), l'autre sur la naissance de la Littérature en tant que pratique discursive porteuse de forces de décentrement (« La littérature et la tromperie »). Les deux communications se terminent par un paragraphe conclusif dans lequel j'essaie de montrer que réfléchir sur le Contrat social et la pratique littéraire des Confessions aujourd'hui n'est pas un acte sans rapport avec les questions posées par la catastrophe nucléaire de Fukushima. J'espère avoir l'occasion de les publier un jour.

16 novembre 2012 : leçon sur Rousseau au Lycée français de Stockholm

Sur la proposition de Françoise Sule, j'ai fait un cours sur Rousseau dans une classe de Terminale dont elle s'occupe. A l'aide d'un PowerPoint, j'ai fait un exposé sur le thème de « Individu et communauté chez Rousseau ». Comment présenter et expliquer ce thème central de la pensée de Rousseau à des lycéens qui n'ont pas une idée claire du contexte historique dans lequel Rousseau intervient, ni de la place que nous occupons, nous, en ce début du XXIe siècle, dans l'histoire globale de l'humanité ? C'est finalement ce qu'il y a de plus difficile. Mais j'espère avoir transmis aux élèves suédois quelque chose qui ressemblerait peut-être à la soif de connaissances par la passion qui m'anime quand il s'agit de cet écrivain-penseur dont la langue ne cesse de me fasciner depuis quarante ans.

17 novembre 2012 : intervention à la journée de formation à l'université d'Uppsala


Sur l'invitation de Véronique Simon, maître de conférence à l'université d'Uppsala, j'eu eu le bonheur de participer à la journée de formation. Devant un public exclusivement féminin, j'ai présenté dans son intégralité mon exposé sur l'actualité du Contrat social. Sensibles au thème du dépérissement de la citoyenneté politique dans le contexte de la mondialisation néolibérale, quelques participantes sont venues me dire qu'un débat sur le nucléaire avait du mal à s'organiser en Suède dans le contexte de l'après-Fukushima, alors que leur pays est doté de plusieurs centrales nucléaires.

La journée de formation finie, nous nous sommes promenés sous la conduite de Véronique dans le beau et tranquille quartier de l'université. Nous avons vu la très belle Cathédrale et surtout le célèbre Théâtre anatomique aménagé dans le Gustavianum, l'ancien bâtiment principal de l'université d'Uppsala. C'est, d'après la notice, le Suédois Olof Rudbeck, professeur en médecine, qui a conçu et créé ce Théâtre au milieu du XVIIe siècle.

XIVe Rencontre internationale de l'Atelier du Roman

Du 6 au 7 octobre 2012 à Nauplie (en Grèce)

J'ai fait la connaissance de Lakis et Doris Proguidis en septembre 2011 dans leur bureau de chez Flammarion. Ayant lu Une langue venue d'ailleurs, Lakis souhaitait me rencontrer. C'est par l'intermédiaire de mon ancien collègue Yoshinari Nishinaga, un grand spécialiste de Milan Kundera que Lakis connaît très bien, que j'ai eu le bonheur d'entrer en relation avec Lakis et Doris. Dès notre premier échange dans leur bureau, nous avons parlé travail. J'ai été amené à les entretenir en particulier de la conférence que j'avais prononcée au Banquet du Livre de Lagrasse. Ils m'ont alors proposé d'en faire une version écrite. C'est ainsi que j'ai publié un article intitulé «L'île du bonheur entre le français et le japonais» (j'ai repris le titre de ma conférence) dans le numéro 71 de L'Atelier du Roman.

Le thème de réflexion proposé par Lakis et Doris pour cette XIVe Rencontre était «La guerre du temps et de l'Actualité» (cliquez sur la deuxième image ci-contre). Chacun des participants était incité à utiliser le texte de Lakis comme une sorte de stimulant catalyseur de sa propre réflexion. En ce qui me concerne, j'ai parlé, en m'appuyant sur la thèse de Shuichi Kato, de la perception spécifiquement japonaise du Temps et des conséquences délétères qu'elle peut provoquer dans l'organisation du vivre-ensemble.

Le théâtre antique d'Épidaure

Yannis Kiourtsakis et son épouse Gisèle que nous avions connus à Lagrasse nous ont emmenés à Épidaure. Simona Carreta, jeune chercheuse qui a travaillé sous la direction de Massimo Rizzante actuellement en poste à Tokyo, était des nôtres.


Publication de « L'île du bonheur entre le français et le japonais » dans L'Atelier du Roman, no 71, septembre 2012.

Lakis et Doris Proguidis m'avaient demandé dès septembre 2011, lors de notre première rencontre dans leur bureau chez Flammarion place de l'Odéon, de préparer une version écrite de la conférence que je venais de prononcer au Banquet du Livre à Lagrasse. J'ai dû supprimer toute la partie consacrée au cinéaste Akira Kurosawa qui a abordé dans ses chefs-d'œuvre la problématique de l'individualité exceptionnelle. Mais l'essentiel est là. Un grand merci à Lakis et à Doris de m'avoir accueilli dans leur magnifique et prestigieuse revue.

22 octobre 2012
Lycée Camille Claudel à Vauréal : une classe de japonais dynamique, un magnifique spectacle «fripes et kabuki — Des identités en connivences», une exposition «Stations de métro parisien» d'Akemi Noguchi



Une petite conversation avec une enseignante lors du Salon du Livre 2012 a été à l'origine de mavisite au Lycée Camille Claudel à Vauréal. Madame Sylvie Da Silva nous attendait à la gare de Conflans-Fin-d'Oise. C'est elle qui s'est défoncée, j'en suis sûr, pour que se réalisent simultanément mon intervention et l'exposition du peintre graveur Akemi Noguchi. A 30 minutes du centre de Paris, on est déjà presque à la campagne. C'est là qu'on se rend compte de l'immensité démesurée de Tokyo. Dans ce lycée qui se trouve donc dans la banlieue nord ouest de Paris, il ya des élèves qui apprennent le japonais. Un jeune professeur de japonais Julien Faury (agrégé de japonais, chargé de cours à l'INALCO) m'a introduit dans une salle ensoleillée où m'attendaient une cinquantaine d'élèves sagement assis. Après une brève présentation d'Une langue venue d'ailleurs de ma part (comment j'ai été amené à apprendre le français ? comment et pourquoi ai-je écrit ce livre ?, etc.), j'ai répondu aux questions des élèves, certaines spontanément posées, d'autres suscitées par leur professeur. La séance a duré presque deux heures. J'ai beaucoup apprécié l'écoute attentive des élèves et leur implication dans le partage constructif du temps du cours.

Au moment du déjeuner dans un restaurant italien, nous avons fait la connaissance de Monsieur Akemi Noguchi, un peintre graveur japonais installé en France depuis 35 ans. Le bouleversement éprouvé lors de sa visite à Lascaux a changé le cours de sa vie d'artiste. Il a abandonné le terrain de l'abstrait ; il a décidé de s'ouvrir au monde sensible. Il a ainsi décidé de se concentrer sur les stations du métro parisien. Chaque gravure représente une station de métro. Il en a fait cent jusqu'à présent ; il en reste encore plus de deux cent soixante à réaliser ! C'est un artiste qui s'efforce d'aller à l'universel en s'emparant d'un seul objet à regarder. Il ressemble à Giacometti...
Après le déjeuner, nous avons assisté, Monsieur Noguchi, mon épouse et moi, à un magnifique spectacle de kimonos inventés à partir de fripes offertes par Emmaüs. Il s'agissait d'une douzaine de kimonos (kabuki) imaginés et confectionnés en résonance avec certaines pages d'Une langue venue d'ailleurs. J'ai admiré le travail des élèves ; j'ai admiré aussi le travail des deux enseignantes (deux Sophie !), l'une supervisant l'élaboration des kimonos, l'autre s'attachant à suivre et à explorer avec les élèves la thématique du métissage, des identités en perpétuel mouvement de construction.
La musique des Noces de Figaro, où il est en effet beaucoup question d'habillements et de déguisements, accompagnait le spectacle dans tout son déroulement. Pour voir la vidéo du spectacle, cliquez ICI. Vous pouvez lire aussi la page des lecteurs d'Akira Mizubayashi. ICI.

Bravo aux élèves ! Notre avenir ne réside pas dans l'exhibition d'une prétendue pureté identitaire. Au contraire, il surgit là où il y a des inventions d'impuretés créatrices comme vous l'avez magnifiquement montré.

14 septembre 2012, à Aubagne. Rencontre avec Christian Garcin, à la Médiathèque Marcel Pagnol

J'ai fait la connaissance de Christian Garcin à Lagrasse au Banquet du Livre en août 2011. Christian Garcin est un écrivain qui a une trentaine de livres à son actif. Parmi les plus récents, on peut lire Des femmes disparaissent (Verdier, 2011), Le Minimum visible (Le Bec en l'air, 2011), La Piste mongole (Verdier, 2009), Carnet japonais, carnet de voyages (L'Escampette, 2010). Christian s'intéresse à l'Asie. La Chine et le Japon constituent l'espace de la fiction dans Des femmes disparaissent, le seul roman de Christian que je connaisse pour le moment. Il n'y a que des étrangers dons ce roman dont l'histoire se déroule en Chine, au Japon, à New-York. Pas un seul Français. C'est une fiction française, c'est-à-dire en langue française. Les personnages non français parlent tous français.

Promenade dans Marseille

Christian est un grand voyageur. Carnet japonais et Le Minimum invisible le prouvent amplement. Je suis l'opposé de Christian. Je suis un être farouchement sédentaire. J'ai peur de bouger. Je suis si peu impressionné par les paysages. Tous les paysages sont beaux en un sens. Pourquoi alors voyager ? Il y a deux catégories de peintres. Ceux qui varient à l'infini les objets à peindre ; ceux qui ont peur de s'égarer dans la multiplicité, ceux qui ont juste besoin de quelques objets. Je fais partie de la seconde catégorie. J'ai une existence verticale, pas horizontale.

13 août 2012, « L'amour de la musique, la passion de la langue », conférence à Figeac (salle Balène) dans le cadre des Rencontres musicales de Figeac - autour des cordes

Voici le début de ma conférence. « En 1998, il y a donc quinze ans, nous sommes venus, mon épouse et moi, à Figeac avec une très grande professeure japonaise de violon, Madame Suzuki alors âgée de plus de 80 ans, en compagnie d’une vingtaine d’élèves venant pour la plupart de l’Institut TOHO de musique à Tokyo. C’est à ce moment-là que j’ai fait la connaissance de Jean-Pierre Messerschmitt et Olivier Pons qui sont les deux piliers de ce magnifique festival de musique que sont les Rencontres Musicales de Figeac. Les élèves de Madame Suzuki ont pu bénéficier par la suite de l’enseignement de Monsieur Laszlo Mezö, le violoncelliste du célèbre Quatuor Bartok, appelé sur l’initiative d’Olivier Pons et son épouse Hélène Linden. Je suis tout ému quand je pense que le très modeste stage privé de Madame Suzuki de 1998 fut en quelque sorte la semence de ce majestueux arbre que représentent aujourd’hui les Rencontres Musicales de Figeac, grâce aux efforts des deux personnes que je viens de nommer et grâce aussi, bien évidemment, à tous leurs collaborateurs.

Quinze ans après ce stage de violon et de musique de chambre à Figeac autour de Madame Suzuki, j’ai voulu faire revenir dans cette ville certains des anciens stagiaires qui sont devenus depuis lors d’authentiques musiciens professionnels installés en Europe. J’ai donc proposé à Jean-Pierre Messerschmitt et à Olivier Pons l’idée d’un concert assuré par ces musiciens japonais, anciens stagiaires de Figeac.

Pourquoi alors ai-je eu l’idée de faire appel, quinze ans après le stage-semence de Madame Suzuki, aux musiciens japonais signalés dans le programme de cette année ? Bien sûr, l’évolution tout à fait remarquable de chacun des anciens stagiaires y est pour quelque chose. Mais elle n’aurait sans doute pas été suffisante pour que j’ose reprendre contact avec les organisateurs du festival. L’événement déterminant, en fait, ce fut l’écriture d’un livre que j’ai publié en janvier 2011 chez Gallimard : Une langue venue d’ailleurs. C’est un livre dans lequel je raconte l’histoire de ma passion de la langue française depuis sa naissance jusqu’à la réalisation de ce livre, une histoire qui se déroule dans l’espace d’une quarantaine d’années, une histoire dans laquelle la musique a une place qui lui revient, c’est-à-dire prépondérante. »

Salle Balène à Figeac
J'ai osé ménager, au milieu de mon intervention, une séquence musicale assurée par mon frère. Celui-ci a en effet joué la Sonate de Haendel, celle qu'il avait jouée autrefois dans le train de nuit bondé qui conduisait le père et le fils de la lointaine province du Tohoku à Tokyo. Ce fut un moment d'une grande émotion...


9 avril 2012 / Conférence à l'Institut français de Tokyo pour l'association « Les Amies de Langue Française »

Une association franco-japonaise «Les Amies de Langue Française» m'a invité à parler de mon livre. Le public composé d'autant de Japonaises que de Françaises s'était réuni dans l'auditorium de l'Institut français de Tokyo. J'ai présenté un exposé intitulé «La France telle que je l'aime, le Japon tel que je l'imagine». Madame Patricia de Miguel y Cossío a laissé un commentaire sur le site de l'Association. ICI.
Une Française de passage à Tokyo, ancien membre de l'Association et membre actif d'une association jumelle à Paris «Suzukake no kai», m'a demandé d'intervenir de la même manière en faveur de son association parisienne, lorsque, profitant d'une année sabbatique, je serai à Paris cet automne. Une langue venue d'ailleurs multiplie ainsi les occasions de rencontre et d'échange.

20 mars 2012 / Rencontre à la Librairie Beaux Jours à Tarbes, en compagnie de la psychanalyste Slavka Balat

Slavka Balat qui m'avait présenté à la librairie Ombres blanches s'est donné la peine d'organiser une rencontre-débat à la toute jeune Librairie Beaux Jours de Tarbes, ville où elle travaille régulièrement. Slavka avait préparé un texte pour nous livrer son approche de mon livre. Voici un passage qui m'a beaucoup touché :

« Ce qui m’a introduit à cette lecture, ce sont deux de vos phrases. La première et la dernière phrase de votre livre. Votre livre commence par la mort. Dans sa préface, Daniel Pennac commence par cette phrase qui est la vôtre : « je me considérerai comme mort quand je serai mort en français. » Et vous finissez par la mort dans la parole paternelle adressé à sa femme : «Puisque nous sommes tous mortels et que je dois mourir un jour, j’aimerais mourir le lendemain de ta mort ». A la première lecture j’entendais le nom que vous donnez au français : « ma langue paternelle » (qui chatouille d’emblée l’oreille de ceux qui s’intéressent à la psychanalyse) comme un indice du désir du père. Mais finalement, en rapprochant ces deux phrases, ne pourrait-on pas dire que le français est une sorte d’indice de l’amour entre vos parents ? Qu’il est ce que vous avez pu attraper du désir de la mère pour le père et dont vous nous faites part dans l’histoire de leur rencontre ? »

Les remarques de Slavka entrent en résonance profonde avec celles de Bertrand-François Gérard que j'ai entendues il y a à peine deux jours lors de la réunion Librairie de l'École de psychanalyse Sigmund Freud.


19 mars 2012 / Rencontre-débat à la Librairie Ombres blanches de Toulouse

La psychanalyste Slavka Balat m'avait mis en relation avec Christian Thorel d'Ombres blanches, cette magnifique librairie toulousaine. Une rencontre a eu lieu, avec la participation de Christian Galan, professeur de japonais à l'université de Toulouse le Mirail, au sein de la librairie autour d'Une langue venue d'ailleurs.

Après la séance, une Japonaise, enseignante de français que je connais, est venue me voir pour me dire qu'elle était venue se réfugier chez une amie française afin de protéger son enfant contre la contamination radioactive. N'étant pas sûr du caractère sain des aliments proposés aux enfants à la cantine, elle prépare tous les matins, m'a-t-elle dit, unbento pour son enfant. Un groupe nommé « Bento » — le parti des bentos — s'est formé, paraît-il, pour s'opposer à l'air ambiant de soumission et d'acceptation face aux conséquences pourtant gravissimes de l'accident nucléaire de Fukushima-Daiichi.


18 mars 2012 / Intervention auprès de l'École de Psychanalyse Sigmund Freud

François Bresch-Combes de l'École de Psychanalyse Sigmund Freud m'avait contacté dès l'été 2011 pour me parler de leur réunion Librairie à laquelle elle souhaitait m'inviter. Cette réunion a eu lieu le 18 mars. La veille, pour une mise au point qui nous semblait nécessaire, nous nous sommes rencontrés à la Coupole, boulevard du Montparnasse. Bertrand-François Gérard était là également. Ce sont donc ces deux psychanalystes qui ont présenté devant leurs collègues leur approche pour moi totalement inattendue d'Une langue venue d'ailleurs. Les articles des deux animateurs de la séance et celui que j'ai écrit à la suite des échanges qui ont eu lieu ce jour-là (« Vivre l'entre-deux — Fragments échappés du portefeuille de l'auteur d'Une langue venue d'ailleurs ») se trouvent dans Carnets 86 édités par l'École.


18 mars 2012 / Salon du Livre

Comme l'année dernière, j'étais là pour la dédicace. J'ai eu quelques échanges fort enrichissants. J'ai même retrouvé un ancien collègue de l'Athénée français de Tokyo, qui travaille maintenant à Genève comme interprète-traducteur.

Une enseignante française m'a demandé si j'étais d'accord pour intervenir dans son établissement au sujet de mon livre. J'ai répondu «oui», bien entendu.

Une expérience linguistique comme la mienne est partagée par beaucoup de gens en Europe. En France, nous sommes dans la diversité linguistique et culturelle. Dans le quartier où je vis à Paris, je suis entouré de Tunisiens, Marocains, Chinois, Italiens, Libanais, Russes, etc. qui vivent au milieu des Français.


14 mars 2012 / « Comme un étranger dans sa propre langue », conférence-débat en compagnie d'Olivier Massé à l'Institut français de Tokyo

Grégoire Rochigneux de l'Institut français de Tokyo m'a proposé de faire une conférence sur/autour de mon livre Une langue venue d'ailleurs. J'ai alors appris qu'Olivier Massé, professeur de français à l'Institut français de Tokyo, allait travailler avec ses étudiants sur quelques extraits de mon livre. Olivier m'a demandé si je pouvais intervenir dans sa classe pour dialoguer avec ses étudiants. Excellente idée ! Je suis en général ouvert à ce qui me vient... C'est ainsi que j'ai eu le plaisir, le 11 février, de participer au cours d'Oliver à l'Institut. Les étudiants bien préparés par leur professeur m'ont posé beaucoup de questions. Une énergie particulière, ignorée dans les cours à l'université, circulait...

Merci à Olivier, merci à Grégoire, merci aux interprètes. Et merci à tous ceux et à toutes celles qui étaient là ! Vous pouvez écouter le débat ICI.


Mélodie, chronique d'une passion, collection "L'un et l'autre" Une langue venue d'ailleurs, collection folio Melodie, chronique d'une passion, collection folio Petit éloge de l'errance. folio 2 euros La volonté de bonheur — le procès de civilisation et l'écriture littéraire, éditions Misuzu, 1994 L'enterrement de Don Juan — Histoire et société dans Dom Juan de Molière, éditions Yamakawa, 1996 La naissance du public, l'émergence de la littérature, éditions Misuzu, 2003 De l'idée républicaine — pour une démocaratie japonaise à venir, éditions Misuzu, 2005 Pour une lecture littéraire des Noces de Figaro de Mozart, éditions Misuzu, 2007 Un jeune homme devant la guerre, à propos de Candide de Voltaire, éditions Misuzu, 2006 思想としての〈共和国〉(増補新版),2016

Ce que j'ai écrit, ce que j'ai fait au Japon
et ailleurs.
Rencontres, conférences,
émissions auxquelles
j'ai participé.

Certaines photos de ce site (celles du Banquet du Livre à Lagrasse) ont été réalisées par Ghila Krajzman,
photographe new-yorkaise.
Je vous invite à vous rendre sur son site où vous découvrirez de superbes photos.
ICI.

PICKUP

A la Médiathèque de Rillieux-la-Pape Petites Fêtes de Dionysos à Arbois Lagrasse, le village qui abrite le Banquet du Livre Le petit cloître de l'Abbaye de Lagrasse A la Librairie Le Divan avec Daniel Pennac Kozo-ji, à Machida Automne à Tokyo Des kakis Des fleurs sur un tatami Lumière et ombre sur un tatami Fleurs de Michèle